{"meta":{"description":"Track within group context in JSON format. 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La conception du geste comme essentiellement préhensif (marteler, couper, percer) est contestée au profit d'une vision non unilatérale intégrant des gestes d'ouverture — lisser, caresser, étaler — illustrés par la poterie, la couture ou le repassage. La distinction entre appareil et machine est proposée : l'appareil serait un objet technique dont les possibilités ne se réduisent pas aux protocoles économiques qui l'encadrent, tandis que c'est l'économie, et non la technique elle-même, qui est par essence protocolaire et déterministe. L'art est alors pensé comme ce qui ouvre les techniques, rendant manifeste que l'histoire humaine de la technique n'est pas close et que le possible demeure possible. 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La réponse habituelle est politique, mais la thèse défendue est que le despotisme commence dans l'économie, ce qui suppose de clarifier le rapport entre économie et technique.","end_time":128.0},{"name":"Les thèses de Leroi-Gourhan : régulation sociale et sur-organisme","start_time":129.0,"summary":"Exposition des thèses de Leroi-Gourhan sur la régulation croissante des conduites humaines par le social, tendant à remplacer la fonction de l'instinct animal. La distinction entre comportement (réglé par l'instinct) et conduite (décidée individuellement) est rappelée. Le concept de sur-organisme et le rôle de l'audiovisuel — entendu comme programmation par des appareils capables de passer des commandes — sont présentés comme le cadre dans lequel l'humanité se comporterait de plus en plus et se conduirait de moins en moins.","end_time":367.0},{"name":"L'évolution de l'humanité : du corps à l'outillage","start_time":367.0,"summary":"La ligne évolutive de l'humanité aurait cessé de se situer dans la structure corporelle pour se porter sur l'outillage. L'évolution morphologique ayant pris fin, c'est dans l'outillage — prolongement extériorisé de la morphologie humaine — que se poursuit l'évolution de l'espèce. Ce devenir est qualifié d'inhumain au double sens du terme : issu de l'organisation morphologique de l'humanité, mais la débordant en tant qu'il dépasse l'humanisme classique.","end_time":739.0},{"name":"Vérifier l'argumentaire : évolution ou histoire ?","start_time":739.0,"summary":"L'argumentaire de Leroi-Gourhan est mis en question. Les circonstances qu'il donne comme décisives du progrès technique vers l'exosomatisation sont localisées dans un temps historique court, correspondant à l'installation de la société industrielle et du capitalisme. Si ce processus relève d'une évolution biologique irrémédiable plutôt que d'un fait historique, alors aucune émancipation politique n'est possible. La question est ouverte : le devenir sur-organique est-il un développement évolutif irrémédiable, ou repose-t-il sur une compréhension unilatérale du geste et de la technique ?","end_time":1264.0},{"name":"Critique de la préhension comme geste inaugural","start_time":1264.0,"summary":"La liaison inaugurale établie par Michel Guérin entre le geste et la préhension est questionnée. L'idée que le geste initial de l'humanité serait essentiellement préhensif — prendre, saisir — est mise en doute. Une recherche est proposée pour faire émerger des traits opératoires qui échappent à l'impulsion préhensive, en s'écartant de l'anthropologie de Leroi-Gourhan qui réduit le fond de la fabrication à marteler, couper, percer.","end_time":1680.0},{"name":"Gestes d'ouverture : couture, lissage, poterie","start_time":1680.0,"summary":"Des exemples de gestes non préhensifs sont proposés : la main ouverte du potier qui caresse et lisse une matière plastique, le geste de présentation du tissu à la machine à coudre, la conduite du fer à repasser, le maçon qui étale avec sa truelle, le peintre avec son pinceau. Ces schèmes — écarter, étirer, tendre, lisser — constituent une économie gestuelle mineure mais irréductible, qui soutient une conception non unilatérale de la technique. La dialectique entre prise et ouverture est identifiée comme essentielle, notamment dans l'appareil photographique et le cinéma.","end_time":2537.0},{"name":"L'appareil comme lieu de possibles","start_time":2537.0,"summary":"La notion d'appareil est définie en opposition à celle de machine programmée. Un appareil est un objet technique susceptible de fonctionner autrement que selon le mode économique dominant. La caméra peut effectuer des gestes ; le cinéma devient véritablement cinéma lorsque la dimension d'ouverture de la caméra prime sur la prise. Pour soutenir l'idée que l'exosomatisation est irrémédiable, il faudrait ignorer la dimension artistique des opérations photographiques et cinématographiques. L'histoire de la technique n'est pas close : il peut y avoir geste du côté et au sein même de l'outillage.","end_time":3012.0},{"name":"Michel Guérin, l'indéfini et la fermeture tragique","start_time":3012.0,"summary":"La philosophie du geste de Michel Guérin, fondée sur l'élan et l'allant, implique en principe que la technique est toujours en capacité d'être autre. L'ouverture entre le geste physiologique et le faire techniquement armé superpose au caractère fini de la vie individuelle un indéfini. Cependant, cet indéfini n'exclut pas de ses possibilités sa propre fermeture — c'est la dimension tragique. Le passage de la technique à la technologie, où la rationalité remplace le geste, constituerait l'enclenchement d'un déterminisme technologique. La question de savoir si ce déterminisme est réel dépend de la conception qu'on se fait de l'appareil.","end_time":3862.0},{"name":"Appareil, protocole et économie","start_time":3862.0,"summary":"Les termes du débat sur l'appareil sont examinés à travers l'étymologie double du mot : parēre (obéir) et parare (disposer, apprêter, ménager). La notion de protocole est analysée : ce n'est pas la technique en soi qui est protocolaire, mais l'économie qui l'encadre. L'économie définit les protocoles techniques, ordonne les dispositions et enrégimente. Le régime est par définition extérieur à ce qu'il gouverne. Le protocole devance et empêche le geste, qui par nature n'est pas calculé et n'a pas de raison a priori.","end_time":4476.0},{"name":"L'appareil contre la machine : l'art comme ouverture de la technique","start_time":4476.0,"summary":"L'appareil est distingué de la machine : il n'est pas le dernier stade d'une lignée évolutive, mais tout objet technique dont les possibilités excèdent les protocoles économiques. Une mécanique en soi dynamique permet, avec le même appareil, de ne jamais produire la même chose. L'histoire de la technique n'est pas achevée ; les programmes sont des écritures ouvertes et variables. L'art des appareils technologiques consiste à montrer concrètement que des usages non protocolaires sont possibles. La politisation de l'art risque de détourner de l'essentiel : montrer que l'histoire humaine de la technique reste ouverte.","end_time":5632.0},{"name":"Discussion : la langue comme appareil et questions ouvertes","start_time":5632.0,"summary":"La discussion porte sur la langue comme appareil, à partir de Merleau-Ponty et de l'expression « appareil des paroles ». La langue possède une syntaxe contraignante mais permet à chaque locuteur de la renouveler par sa parole — un geste qui laisse trace et inscrit. La distinction entre usage protocolaire de la langue et parole véritable est soulignée. La question de la centrale nucléaire comme machine non appareillable est débattue : certaines techniques, surdéterminées par l'économie, ne sont peut-être pas ouvertes à l'art, mais cette hypothèse ne doit pas être tranchée a priori. Le design est évoqué comme pratique consistant à aller voir dans les machines industrielles si elles recèlent des capacités autres que celles exploitées par leur économie.","end_time":7135.0}],"keyed_excerpts":[],"lat":null,"lng":null,"main_person":{"id":1,"first_name":"Pierre-Damien","last_name":"Huyghe"},"main_person_id":1,"recording_city":"Paris","recording_country":"France","recording_date":"2026-03-11T00:00:00","recording_place":"Césure","track_group_id":23,"audio_compressed_url":null,"audio_url":"/audio/2026/03/rehI7wsPHlyKJbLU_260311-pdh-seminaire-2026-seance-5.ogg"},"alternatives":{"map":"/map/track_group/23:faut-il-semanciper-2-2/track/226:une-conception-non-unilaterale-du-geste","light":"/light/track_group/23:faut-il-semanciper-2-2/track/226:une-conception-non-unilaterale-du-geste"}}